Combien coûte la création d'une SASU en 2026 ? Le détail poste par poste

Coût de création d'une SASU en 2026 : annonce légale, greffe, bénéficiaires effectifs, statuts, banque. Le budget réel poste par poste et les frais évitables.

Par la rédaction Numera · Mis à jour le 17 octobre 2026 · 7 min de lecture

En bref

  • Le coût de création d'une SASU obligatoire en 2026 tourne autour de 225 € TTC : annonce légale (142 € HT, soit 170,40 € TTC hors 974 et 976), immatriculation au RCS (33,83 €) et déclaration des bénéficiaires effectifs (19,33 €).
  • Le capital n'est pas un coût : 1 € suffit, et la moitié seulement des apports en argent doit être versée à la création.
  • Les postes qui font varier la facture sont optionnels : rédaction des statuts par un professionnel, domiciliation, dépôt de marque (190 € à l'INPI pour une classe), banque, assurances.
  • Les frais de constitution sont déductibles du résultat de la société, en une fois ou étalés sur 5 ans au maximum.
Sommaire de l'article

Le coût de création d'une SASU : la réponse courte

Le coût de création d'une SASU en 2026 se décompose en deux blocs : les frais obligatoires, fixés par des tarifs officiels, et les frais optionnels, qui dépendent de vos choix (vous faire accompagner ou non, louer une adresse, déposer une marque…).

Les frais obligatoires sont modestes : un peu plus de 220 € TTC pour une SASU créée en métropole. C'est le reste qui peut faire grimper la note de quelques centaines à plus de mille euros.

Les frais obligatoires en 2026

Selon entreprendre.service-public.gouv.fr et les tarifs des greffes publiés sur infogreffe.fr, trois dépenses sont incontournables :

PosteMontant 2026Remarque
Annonce légale de constitution142 € HT, soit 170,40 € TTC167 € HT à La Réunion et à Mayotte
Immatriculation au RCS33,83 € TTCsociété commerciale avec un établissement
Déclaration des bénéficiaires effectifs19,33 € TTCdéposée en même temps que l'immatriculation
Totalenviron 223,56 € TTChors frais optionnels

Quelques précisions utiles :

  • l'annonce légale est un forfait fixé par arrêté : quel que soit le journal habilité choisi, le prix d'une annonce de constitution de SASU est le même. Méfiez-vous des intermédiaires qui la facturent plus cher sans expliquer pourquoi ;
  • la déclaration d'immatriculation se fait en ligne sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), qui transmet le dossier au greffe : le guichet lui-même ne facture rien en plus des frais de greffe ;
  • si votre SASU exerce une activité artisanale, des frais d'immatriculation de 15 € s'ajoutent pour une société inscrite au RCS. Un agent commercial paie en plus 23,21 € pour le registre spécial des agents commerciaux.

Le capital social : une somme bloquée, pas une dépense

Le capital d'une SASU est libre : 1 € suffit légalement. Il ne s'agit pas d'un coût, mais d'un apport qui reste à la disposition de la société et figure à son bilan.

D'après entreprendre.service-public.gouv.fr, au moins la moitié des apports en argent doit être versée à la création, le solde dans les 5 ans suivant l'immatriculation. Les fonds sont déposés sur un compte au nom de la société en formation, auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts, qui délivre l'attestation de dépôt nécessaire au dossier.

Un capital trop faible peut toutefois freiner l'accès au crédit et inquiéter certains fournisseurs. Pour fixer le bon montant, appuyez-vous sur votre besoin de trésorerie des premiers mois plutôt que sur un chiffre symbolique.

Si vous apportez un bien (matériel, véhicule, fonds de commerce…), un commissaire aux apports, rémunéré sur devis, est en principe obligatoire. L'associé unique peut s'en dispenser si aucun apport en nature ne dépasse 30 000 € et si leur valeur totale ne dépasse pas la moitié du capital.

Les frais optionnels : là où le budget varie

Ces postes ne sont pas imposés par la loi, mais ils pèsent souvent plus lourd que les frais obligatoires :

  1. La rédaction des statuts : gratuite si vous les rédigez vous-même, payante si vous passez par une plateforme juridique, un avocat ou un expert-comptable. Des statuts mal adaptés (rémunération du président, arrivée future d'associés, cession des actions) coûtent souvent plus cher à corriger qu'à bien rédiger dès le départ.
  2. La domiciliation : gratuite chez vous dans la plupart des cas, payante avec une société de domiciliation (abonnement mensuel) ou si vous louez un local.
  3. Le dépôt de marque : facultatif mais conseillé si votre nom est un actif commercial. L'INPI facture 190 € le dépôt en ligne pour une classe de produits ou services, puis 40 € par classe supplémentaire.
  4. Le compte bancaire professionnel : obligatoire pour une société, avec des frais très variables d'une banque à l'autre (en ligne ou traditionnelle).
  5. Les assurances : responsabilité civile professionnelle, et décennale dans le bâtiment.
  6. L'accompagnement comptable : il démarre dès la création et coûte en général 100 à 250 € par mois pour une SASU simple, comme détaillé dans notre article combien coûte un expert-comptable.

Combien coûte une SASU après la création ?

Le vrai budget se mesure sur la première année, pas seulement le jour de l'immatriculation :

  • comptabilité et comptes annuels : obligatoires pour toute société, avec dépôt des comptes au greffe ;
  • cotisations sociales : en SASU, le président ne cotise que s'il se verse un salaire. Pas de rémunération, pas de cotisations, mais pas de protection sociale non plus. Notre comparatif SASU ou EURL détaille cet arbitrage, et nos simulateurs chiffrent le net qu'il vous reste ;
  • CFE : aucune cotisation foncière l'année de création, puis une base réduite de moitié l'année suivante, comme expliqué dans notre guide de la CFE 2026 ;
  • aides : l'ACRE réduit les cotisations du président rémunéré pendant 12 mois, sous conditions. Depuis 2026, elle doit être demandée à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité.

Les frais de création sont déductibles

Bonne nouvelle : les frais de constitution (annonce légale, greffe, honoraires d'avocat ou d'expert-comptable, droits éventuels) sont des charges de la société. Selon le BOFiP, ils peuvent être déduits en totalité l'année où ils sont engagés, ou étalés sur 5 ans au maximum s'ils sont inscrits en frais d'établissement. Avancés par le futur président avant l'immatriculation, ils sont repris par la société et peuvent lui être remboursés.

Gardez donc toutes les factures, même celles payées avant la naissance de la SASU.

Créer sa SASU sans payer de frais inutiles

Pour ne pas dépenser plus que nécessaire, suivez l'ordre des étapes de création d'une entreprise : chiffrez votre projet, choisissez le statut, puis seulement préparez les documents.

Le poste qui coûte le plus cher n'apparaît sur aucune facture : c'est un statut ou des statuts mal choisis, qui obligent à tout modifier un an plus tard (chaque modification entraîne une nouvelle annonce légale et de nouveaux frais de greffe). Un expert-comptable qui connaît votre métier vérifie que la SASU est bien la bonne forme, prépare des statuts adaptés à votre rémunération et vous accompagne dès le premier exercice.

Questions fréquentes

Combien coûte la création d'une SASU en 2026 ?

Les frais obligatoires s'élèvent à environ 223,56 € TTC en métropole : 170,40 € TTC d'annonce légale, 33,83 € d'immatriculation au RCS et 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs. Les frais d'accompagnement, de domiciliation ou de dépôt de marque s'ajoutent selon vos choix.

Quel est le prix d'une annonce légale pour une SASU en 2026 ?

L'annonce légale de constitution d'une SASU coûte 142 € HT en 2026 en métropole et dans les outre-mer hors La Réunion et Mayotte, où le forfait est de 167 € HT. Ce tarif est le même quel que soit le journal habilité.

Peut-on créer une SASU avec 1 € de capital ?

Oui, le capital d'une SASU est librement fixé par l'associé unique et peut être de 1 €. Au moins la moitié des apports en argent doit être versée à la création, le solde dans les 5 ans.

Les frais de création d'une SASU sont-ils déductibles ?

Oui, ce sont des charges de la société. Ils peuvent être déduits en totalité dès le premier exercice, ou étalés sur 5 ans au maximum s'ils sont comptabilisés en frais d'établissement.

Article d'information générale, à jour au 17/10/2026. Les taux et seuils évoluent chaque année : pour une décision qui engage votre entreprise, faites valider votre situation par un expert-comptable.