ARE ou ARCE : créer son entreprise au chômage en 2026, quelle aide choisir ?

ARE ou ARCE en 2026 : garder ses allocations chômage ou toucher 60 % de ses droits en capital ? Règles, plafond de 60 %, exemple chiffré et bon choix.

Par la rédaction Numera · Mis à jour le 25 octobre 2026 · 8 min de lecture

En bref

  • ARE : vous gardez vos allocations chômage chaque mois, diminuées de 70 % des revenus tirés de votre entreprise. ARCE : vous touchez 60 % de vos droits restants en capital, en deux versements à 6 mois d'intervalle.
  • Depuis le 1er avril 2025, le maintien de l'ARE est lui aussi plafonné : le cumul s'arrête quand vous avez perçu 60 % des droits restants à la date de création, sauf dérogation si l'activité ne vous rapporte rien.
  • L'ARCE exige d'avoir obtenu l'ACRE, à demander à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité ; une retenue de 3 % s'applique sur le capital.
  • L'ARE convient aux activités qui démarrent lentement ; l'ARCE aux projets qui ont besoin de trésorerie tout de suite ou qui dégagent vite des revenus.
Sommaire de l'article

ARE ou ARCE : deux façons d'utiliser vos droits au chômage

Si vous touchez l'allocation chômage et que vous créez ou reprenez une entreprise, la question ARE ou ARCE se pose dès le départ, car les deux aides ne se cumulent pas (sources : entreprendre.service-public.gouv.fr, francetravail.fr, unedic.org, règles en vigueur en 2026).

  • Maintien de l'ARE : vous continuez à recevoir vos allocations chaque mois, réduites en fonction de ce que vous rapporte votre entreprise.
  • ARCE (aide à la reprise ou à la création d'entreprise) : vous recevez une partie de vos droits restants sous forme de capital, pour financer le démarrage.

Dans les deux cas, vous devez être inscrit comme demandeur d'emploi et créer l'entreprise après la fin du contrat de travail qui vous a ouvert des droits. Une création à l'étranger ne donne pas droit à l'ARCE.

CritèreMaintien de l'AREARCE
FormeVersement mensuelCapital en 2 versements
MontantAllocation moins 70 % des revenus de l'activité60 % des droits restants, moins 3 %
Plafond60 % des droits restants à la création60 % des droits restants
ACRE obligatoireNonOui
Trimestres de retraiteOui (périodes assimilées)Non
ImposableOuiOui

Le maintien de l'ARE : comment se calcule le cumul

Chaque mois, lors de votre actualisation, vous déclarez les revenus de votre activité. France Travail retire de votre allocation mensuelle 70 % de ces revenus, puis convertit le résultat en nombre de jours indemnisés. Les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils repoussent d'autant la fin de vos droits.

Pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu est le chiffre d'affaires après l'abattement forfaitaire de la micro-entreprise : 29 % du chiffre d'affaires pour la vente, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 66 % pour les activités libérales (BNC). Si vos revenus ne sont pas encore connus, ce qui est fréquent en société, France Travail peut verser un montant provisoire, régularisé ensuite sur justificatifs.

Deux limites s'appliquent :

  1. Vos revenus d'activité et votre allocation ne peuvent pas dépasser, ensemble, votre ancien salaire mensuel brut de référence.
  2. Depuis le 1er avril 2025, le cumul s'arrête quand vous avez perçu 60 % des droits restants à la date de création. Par exception, l'instance paritaire régionale de France Travail peut prolonger le versement si l'entreprise ne vous a versé aucun revenu, dividendes compris, et que l'activité continue. La demande doit être faite dans les 6 mois suivant le mois où le plafond est atteint.

L'ARCE : 60 % des droits en capital

L'ARCE est égale à 60 % de vos droits restants au chômage, calculés au jour de la création (nombre de jours restants multiplié par votre allocation journalière). Une retenue de 3 % finance les retraites complémentaires. Le capital est versé en deux fois :

  1. la moitié au début de l'activité ;
  2. l'autre moitié 6 mois plus tard, si l'activité existe toujours et si vous n'occupez pas un emploi en CDI à temps plein.

Condition indispensable : avoir obtenu l'ACRE. Depuis 2026, elle n'est plus automatique et doit être demandée à l'Urssaf au plus tard le 60e jour après le début de l'activité. Pour les micro-entrepreneurs qui créent depuis le 1er juillet 2026, l'exonération de cotisations est ramenée à 25 % : nous détaillons ces règles dans notre article sur l'ACRE en 2026.

Si l'activité s'arrête après le second versement, vous pouvez retrouver les 40 % de droits non utilisés en vous réinscrivant, après un différé égal à la période couverte par ce second versement.

Exemple chiffré : 18 000 € de droits restants

Prenons une allocation de 50 € par jour et 360 jours restants, soit 18 000 € de droits, avec des mois de 30 jours (montants bruts) :

ARCEARE, activité libérale à 1 500 € de CA par moisARE, SASU sans rémunération
Revenu retenu par moisSans objet990 € (66 % du CA)0 €
Aide versée10 800 € moins 3 %, soit 10 476 €800 € par mois (16 jours indemnisés)1 500 € par mois
Rythme2 × 5 238 €, à 6 mois d'écartEnviron 13 mois et demi avant le plafondPlafond atteint au bout d'un peu plus de 7 mois
Plafond10 800 €10 800 €10 800 €

Pour la colonne du milieu : 70 % de 990 €, soit 693 €, sont retirés de l'allocation mensuelle de 1 500 €. Il reste 807 €, arrondis à 16 jours de 50 €.

Le montant total est donc proche dans les trois cas. Ce qui change, c'est le calendrier : l'ARCE donne la trésorerie tout de suite, l'ARE l'étale dans le temps.

Comment choisir entre ARE et ARCE

Le maintien de l'ARE est souvent plus adapté si :

  • votre activité démarre lentement et ne vous paiera pas avant plusieurs mois ;
  • vous voulez un revenu régulier pour vivre pendant le lancement ;
  • vous tenez à valider des trimestres de retraite pendant cette période.

L'ARCE est souvent plus intéressante si :

  • vous avez besoin de fonds dès le départ : stock, matériel, apport pour un prêt bancaire ou un prêt d'honneur ;
  • votre activité doit vous rapporter rapidement un revenu proche de votre ancien salaire, ce qui réduirait fortement l'ARE ;
  • vous êtes sûr de votre projet et que l'ACRE vous est accordée.

Le choix du statut joue aussi : en SASU, un président qui ne se rémunère pas peut garder l'ARE à taux plein jusqu'au plafond, alors qu'en micro-entreprise chaque euro de chiffre d'affaires réduit l'allocation. Comparez les options avant d'immatriculer, avec notre guide sur le statut juridique à choisir et notre article sur le salaire ou les dividendes en SASU.

Se faire accompagner pour décider

Entre ARE et ARCE, la bonne réponse dépend de vos droits restants, de votre statut, de votre rythme de chiffre d'affaires et de votre façon de vous rémunérer. Un expert-comptable qui accompagne des créateurs construit votre prévisionnel, simule les deux options sur vos chiffres réels et vous aide à demander l'ACRE dans les délais, pour que votre lancement ne dépende pas d'une mauvaise surprise de trésorerie.

Questions fréquentes

Vaut-il mieux choisir l'ARE ou l'ARCE pour créer son entreprise ?

Cela dépend du projet. L'ARE convient si l'activité démarre lentement et que vous avez besoin d'un revenu régulier ; l'ARCE convient si vous avez besoin de trésorerie au départ ou si l'activité vous rapporte vite un revenu. Depuis le 1er avril 2025, les deux options sont plafonnées à 60 % des droits restants.

Quel est le montant de l'ARCE en 2026 ?

L'ARCE est égale à 60 % de vos droits restants au chômage à la date de création, moins une retenue de 3 % pour les retraites complémentaires. Elle est versée en deux fois : la moitié au démarrage, l'autre moitié 6 mois plus tard.

Peut-on cumuler l'ARE et les revenus d'une micro-entreprise ?

Oui. France Travail retire de votre allocation 70 % du revenu retenu, c'est-à-dire votre chiffre d'affaires après abattement forfaitaire. Le cumul s'arrête quand vous avez perçu 60 % de vos droits restants à la date de création.

Faut-il l'ACRE pour toucher l'ARCE ?

Oui, l'obtention de l'ACRE est obligatoire pour demander l'ARCE. Depuis 2026, l'ACRE doit être demandée à l'Urssaf au plus tard 60 jours après le début de l'activité.

Article d'information générale, à jour au 25/10/2026. Les taux et seuils évoluent chaque année : pour une décision qui engage votre entreprise, faites valider votre situation par un expert-comptable.