Fermer sa micro-entreprise en 2026 : les démarches, les délais et ce qui reste à payer
Fermer sa micro-entreprise en 2026 : déclaration gratuite en 30 jours, dernière déclaration Urssaf, impôts sous 60 jours, CFE au prorata. Le mode d'emploi.
Par la rédaction Numera · Mis à jour le 23 octobre 2026 · 7 min de lecture
En bref
- Pour fermer sa micro-entreprise, on déclare la cessation sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) dans les 30 jours suivant l'arrêt de l'activité. La démarche est gratuite.
- Il reste à faire une dernière déclaration de chiffre d'affaires à l'Urssaf et à payer les cotisations correspondantes, puis à déclarer le chiffre d'affaires de l'année aux impôts (formulaire 2042-C-PRO) dans les 60 jours.
- La CFE est due pour toute l'année si l'activité existait au 1er janvier, mais un dégrèvement au prorata peut être demandé pour les mois qui suivent la cessation.
- Laisser une micro-entreprise ouverte sans chiffre d'affaires n'est pas une solution durable : après 24 mois sans chiffre d'affaires, l'Urssaf peut vous faire sortir du dispositif.
Sommaire de l'article
Fermer sa micro-entreprise : la démarche en bref
Fermer sa micro-entreprise est la plus simple des formalités de cessation : pas de liquidation, pas de comptes de clôture, pas d'annonce légale. Vous pouvez arrêter à tout moment, pour reprendre un emploi salarié, passer en société ou simplement tourner la page. Mais la fermeture n'efface pas les obligations de l'année : il reste des cotisations, de l'impôt et parfois de la CFE à régler.
Voici le calendrier officiel, à compter de la date d'arrêt de votre activité (sources : entreprendre.service-public.gouv.fr, Urssaf, impots.gouv.fr, INPI) :
| Démarche | Où | Délai |
|---|---|---|
| Déclaration de cessation | Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) | 30 jours |
| Dernière déclaration de chiffre d'affaires et paiement des cotisations | Espace en ligne Urssaf (autoentrepreneur.urssaf.fr) | 30 jours (déclarant mensuel) ou le mois suivant le trimestre de fermeture (déclarant trimestriel) |
| Déclaration du chiffre d'affaires de l'année (2042-C-PRO) | Espace professionnel impots.gouv.fr | 60 jours |
| Déclaration de TVA (seulement si vous y étiez soumis) | Espace professionnel impots.gouv.fr | 60 jours |
| Demande de dégrèvement de CFE | Messagerie sécurisée ou service des impôts des entreprises | Après réception de l'avis, jusqu'au 31 décembre de l'année suivante |
Étape 1 : déclarer la cessation sur le guichet unique
Depuis 2023, toutes les formalités d'entreprise passent par le guichet unique géré par l'INPI. Vous remplissez le formulaire de cessation d'activité totale, en indiquant la date d'arrêt, et vous joignez une pièce d'identité (ou un titre de séjour autorisant une activité indépendante). Selon l'INPI, la déclaration de cessation d'une micro-entreprise est gratuite.
La formalité entraîne la radiation du Registre national des entreprises (RNE) et, pour une activité commerciale, du registre du commerce. Votre numéro Siret devient inactif. D'après l'Urssaf, la cessation est effective sous 4 à 6 semaines : surveillez le tableau de bord du guichet unique et téléchargez la synthèse une fois la demande validée.
Étape 2 : la dernière déclaration à l'Urssaf
Après la radiation, l'Urssaf vous adresse une notification. Vous déclarez alors votre dernier chiffre d'affaires dans votre espace en ligne et vous payez les cotisations calculées dessus :
- déclarant mensuel : dans les 30 jours suivant la fermeture définitive ;
- déclarant trimestriel : au cours du mois qui suit le trimestre civil de la fermeture.
Le montant demandé ne comprend pas d'éventuelles dettes antérieures, traitées à part. Si vous avez trop payé, le trop-perçu vous est remboursé. Avant de fermer, l'Urssaf conseille aussi de vérifier votre relevé de carrière et de mettre à jour votre RIB pour recevoir un éventuel remboursement.
Étape 3 : les impôts de l'année de fermeture
Dans les 60 jours, vous déclarez le chiffre d'affaires réalisé entre le 1er janvier et la date de cessation sur le formulaire 2042-C-PRO, depuis votre espace professionnel :
- avec le versement libératoire, l'impôt est payé en même temps que les cotisations sur ce dernier chiffre d'affaires ;
- sans versement libératoire, le chiffre d'affaires est imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu, après l'abattement forfaitaire du régime micro.
Pensez également à ajuster vos acomptes de prélèvement à la source dans votre espace particulier : sans revenu d'activité, inutile de continuer à les payer. Si vous aviez dépassé la franchise ou opté pour la TVA, une dernière déclaration de TVA (CA12, n° 3517-S-SD) est à déposer en ligne dans le même délai de 60 jours.
Étape 4 : la CFE de l'année de cessation
C'est la mauvaise surprise la plus fréquente. La CFE est due pour l'année entière dès lors que l'activité existait au 1er janvier, même si vous fermez en mars. Vous pouvez néanmoins obtenir un dégrèvement au prorata : la CFE est alors recalculée du 1er janvier au dernier jour du mois de cessation.
Pour cela, déposez une réclamation par la messagerie sécurisée de votre espace professionnel (ou par courrier au service des impôts des entreprises), en joignant votre avis de CFE, la notification de radiation et l'avis de situation Sirene. Vous pouvez agir dès la parution de l'avis, en deuxième quinzaine de novembre, et jusqu'au 31 décembre de l'année suivante.
Exemple : vous fermez votre micro-entreprise le 15 avril 2026 et recevez un avis de CFE de 360 € en novembre. Après dégrèvement, vous ne payez que 4 mois sur 12, soit 120 €. Rappel : si votre chiffre d'affaires de référence ne dépasse pas 5 000 €, vous êtes de toute façon exonéré de la cotisation minimum.
Fermer ou laisser en sommeil ?
Certains préfèrent garder leur micro-entreprise « au cas où ». C'est possible un temps, mais la règle est stricte : si vous ne réalisez aucun chiffre d'affaires pendant 24 mois ou 8 trimestres consécutifs, l'Urssaf vous écrit pour savoir si vous avez cessé votre activité, et vous risquez de sortir du dispositif si vous ne répondez pas. Pendant ce temps, il faut continuer à déclarer « 0 € » à chaque échéance, et la CFE peut rester due.
Si vous comptez recréer plus tard, sachez que la fermeture n'empêche pas de rouvrir une micro-entreprise. En revanche, l'ACRE n'est pas accordée si vous en avez déjà bénéficié au cours des 3 années précédentes.
Passer en société plutôt que fermer
Si vous fermez parce que votre activité a grandi, la vraie question est souvent celle du passage de la micro-entreprise à la société. L'ordre des opérations compte alors : création de la société, transfert de la clientèle et des contrats, puis fermeture de la micro-entreprise, sans période blanche ni double imposition.
Se faire accompagner pour fermer sans erreur
Fermer une micro-entreprise prend une heure en ligne, mais les oublis coûtent cher : CFE payée pour l'année entière, acomptes d'impôt qui continuent, relances de l'Urssaf. Un expert-comptable vérifie votre calendrier, prépare les dernières déclarations, demande le dégrèvement de CFE et, si vous changez de statut, organise la transition vers votre future société.
Questions fréquentes
Combien coûte la fermeture d'une micro-entreprise ?
La déclaration de cessation sur le guichet unique est gratuite. Il reste à payer les cotisations et l'impôt sur le dernier chiffre d'affaires, et éventuellement la CFE de l'année, réductible au prorata.
Quel est le délai pour déclarer la fermeture de son auto-entreprise ?
La cessation doit être déclarée sur le guichet unique dans les 30 jours suivant l'arrêt de l'activité. Les déclarations fiscales (2042-C-PRO, TVA éventuelle) sont à faire dans les 60 jours.
Doit-on payer la CFE l'année où l'on ferme sa micro-entreprise ?
Oui, si l'activité existait au 1er janvier, la CFE est due pour l'année. Vous pouvez demander un dégrèvement au prorata pour les mois qui suivent la cessation, avec l'avis de CFE et la notification de radiation.
Que se passe-t-il si on ne fait pas de chiffre d'affaires pendant 2 ans en micro-entreprise ?
Sans chiffre d'affaires pendant 24 mois ou 8 trimestres consécutifs, l'Urssaf vous demande si vous avez cessé votre activité et vous risquez de sortir du dispositif. Pour continuer, il suffit de lui répondre.
Article d'information générale, à jour au 23/10/2026. Les taux et seuils évoluent chaque année : pour une décision qui engage votre entreprise, faites valider votre situation par un expert-comptable.