PLFSS 2027 : ce que prévoit le projet pour les employeurs et les indépendants
PLFSS 2027 : indemnités de rupture plafonnées à 1 PASS, PPV pérennisée, aides aux sinistrés des incendies. Ce que le projet prévoit pour les TPE, avant le vote.
Par la rédaction Numera · Mis à jour le 16 octobre 2026 · 7 min de lecture
En bref
- Le PLFSS 2027 a été déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026 (projet n° 3211). Ce n'est pas encore une loi : la discussion en séance doit commencer le 20 octobre 2026.
- Indemnités de rupture (licenciement, rupture conventionnelle) : l'exonération de cotisations et de CSG serait limitée à 1 plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), contre 2 PASS pour les cotisations aujourd'hui, pour les ruptures à partir du 1er janvier 2027.
- La prime de partage de la valeur deviendrait permanente, exonérée de cotisations jusqu'à 1/15e du PASS (environ 3 200 € sur la base de 2026), avec une exonération totale de prélèvements en 2027 dans les entreprises de moins de 50 salariés.
- Pour les entreprises et indépendants touchés par les incendies de l'été 2026 : report des cotisations jusqu'au 30 novembre 2026, exonérations pour les employeurs de moins de 250 salariés et aide forfaitaire pour les indépendants.
Sommaire de l'article
PLFSS 2027 : où en est le texte ?
Le PLFSS 2027, c'est-à-dire le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, a été déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le numéro 3211, le même jour que le projet de loi de finances 2027. Il fixe les règles de cotisations et de prestations sociales de l'année à venir.
Le texte est examiné par la commission des affaires sociales, et la discussion en séance publique doit débuter le 20 octobre 2026. Députés puis sénateurs peuvent modifier, supprimer ou ajouter des articles. Tout ce qui suit décrit donc ce que prévoit le projet initial du Gouvernement, à la date du 16 octobre 2026.
Indemnités de rupture : un plafond unique à 1 PASS
C'est la mesure qui touche le plus d'employeurs, y compris les TPE qui se séparent d'un salarié (article 6 du projet).
Aujourd'hui, une indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle est exonérée de cotisations dans la limite de 2 plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026. Le projet prévoit un plafond unique, égal à 1 PASS (48 060 € en 2026), à la fois pour les cotisations et pour la CSG.
| Règle en 2026 | Ce que prévoit le PLFSS 2027 | |
|---|---|---|
| Limite d'exonération de cotisations | 2 PASS (96 120 €) | 1 PASS |
| Seuil au-delà duquel tout est soumis (mandataires sociaux) | 5 PASS | 5 PASS |
| Seuil au-delà duquel tout est soumis (autres) | 10 PASS | 10 PASS |
| Date d'effet | — | Ruptures prenant effet à partir du 1er janvier 2027 |
Les mandataires sociaux (président de SAS, gérant de SARL révoqué, par exemple) sont aussi visés : leurs indemnités de cessation forcée de fonctions suivraient la même logique, avec le seuil de 5 PASS. Le montant du PASS 2027 sera fixé par arrêté en fin d'année : voir notre article sur le PASS 2026 pour comprendre son rôle.
Exemple, si le texte est adopté en l'état : une rupture conventionnelle avec une indemnité de 60 000 € prenant effet en 2026 reste sous la limite actuelle de 2 PASS. La même indemnité pour une rupture prenant effet en 2027 dépasserait le nouveau plafond d'environ 12 000 € (60 000 € moins 48 060 €, sur la base du PASS 2026), qui seraient alors soumis à cotisations. D'autres conditions d'exonération continuent par ailleurs de s'appliquer.
Prime de partage de la valeur : un dispositif rendu permanent
La prime de partage de la valeur (PPV) devait voir son régime social de faveur s'arrêter fin 2026. Le projet (article 7) prévoit de le pérenniser :
- exonération de cotisations dans la limite d'un quinzième du PASS, soit environ 3 200 € sur la base du PASS 2026 ;
- plafond doublé lorsque l'employeur remplit certaines conditions, notamment en matière d'intéressement ;
- dans les entreprises de moins de 50 salariés, exonération totale de prélèvements sociaux (y compris CSG et CRDS) pour les primes versées en 2027.
Pour une petite entreprise qui veut récompenser ses salariés sans alourdir ses charges, la PPV resterait donc un outil intéressant.
Ce qui change aussi pour la paie
Le même article 7 contient d'autres mesures techniques, à suivre avec votre gestionnaire de paie :
- la réduction générale dégressive de cotisations patronales serait calculée en tenant compte de l'intéressement, de la participation et de l'épargne salariale versés dans l'année, à partir du 1er janvier 2027. Les entreprises qui versent ces sommes pourraient voir leur réduction diminuer ;
- une contribution patronale sur les revenus soumis à la CSG mais exclus des cotisations serait réorganisée, avec des exclusions selon l'effectif : prévoyance sous 11 salariés, participation et épargne salariale sous 50 salariés, intéressement et PPV sous 250 salariés ;
- le régime social du rachat de jours de repos (salariés renonçant à des jours de repos) deviendrait permanent, avec une déduction forfaitaire de cotisations patronales par journée ou demi-journée rachetée.
Incendies de l'été 2026 : les aides prévues pour les cotisants
Pour les cotisants situés dans les communes évacuées ou confinées lors des incendies de l'été 2026 (notamment en Gironde et dans les Landes), l'article 4 du projet prévoit :
- le report des cotisations dues pour août à octobre 2026 jusqu'au 30 novembre 2026, sans majoration de retard, pour les employeurs, les travailleurs indépendants et les artistes-auteurs ;
- une exonération de cotisations patronales pour juillet à septembre 2026, pour les employeurs de moins de 250 salariés, selon la baisse de chiffre d'affaires par rapport à 2025 ;
- une aide forfaitaire sur demande pour les indépendants, dont le montant sera fixé par décret ;
- un taux de cotisation dérogatoire possible pour les micro-entrepreneurs, fixé par décret.
Si vous êtes concerné, rapprochez-vous de l'Urssaf sans attendre le vote : des reports de paiement ont déjà été accordés dans le cadre des mesures d'urgence.
Indépendants : peu de mesures directes
Le projet initial ne modifie pas les taux de cotisations des indépendants ni ceux de la micro-entreprise. Les dirigeants sont surtout concernés de façon indirecte, comme employeurs ou comme mandataires sociaux. Le calcul de vos propres cotisations reste celui expliqué dans notre guide sur les charges sociales d'un indépendant, mais des amendements peuvent encore apparaître pendant les débats.
Un budget de la Sécurité sociale se lit à l'échelle de votre entreprise : nombre de salariés, primes versées, départ prévu, statut du dirigeant. Un expert-comptable qui connaît votre activité peut vous dire, une fois le texte voté, ce qui change pour vous et s'il faut avancer ou décaler une décision. Pour estimer vos cotisations actuelles, utilisez nos simulateurs gratuits.
Questions fréquentes
Le PLFSS 2027 est-il voté ?
Non. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 a été déposé le 1er octobre 2026 et sa discussion en séance à l'Assemblée nationale doit débuter le 20 octobre 2026. Ses mesures peuvent encore être modifiées.
Les indemnités de rupture conventionnelle seront-elles plus taxées en 2027 ?
Le projet prévoit de limiter l'exonération de cotisations et de CSG à 1 plafond annuel de la Sécurité sociale, au lieu de 2 PASS pour les cotisations aujourd'hui, pour les ruptures prenant effet à partir du 1er janvier 2027. La part au-delà serait soumise à cotisations.
La prime de partage de la valeur existera-t-elle encore en 2027 ?
Oui, si le texte est adopté : le projet rend son régime social permanent, avec une exonération de cotisations jusqu'à un quinzième du PASS, et une exonération totale de prélèvements sociaux en 2027 dans les entreprises de moins de 50 salariés.
Le PLFSS 2027 change-t-il les cotisations des auto-entrepreneurs ?
Le projet initial ne modifie pas les taux de cotisations des micro-entrepreneurs. Seuls ceux touchés par les incendies de l'été 2026 pourraient bénéficier d'un taux dérogatoire fixé par décret.
Article d'information générale, à jour au 16/10/2026. Les taux et seuils évoluent chaque année : pour une décision qui engage votre entreprise, faites valider votre situation par un expert-comptable.