Capital social minimum : combien mettre dans votre société (et pourquoi ça compte)

Capital social minimum en SAS, SARL, EURL ou SASU : 1 € suffit, mais part à libérer, IS à 15 %, dividendes et crédibilité changent tout. Le bon montant en 2026.

Par la rédaction Numera · Mis à jour le 19 octobre 2026 · 7 min de lecture

En bref

  • Le capital social minimum est de 1 € en SARL, EURL, SAS et SASU, et de 37 000 € en SA. Les sociétés civiles fixent librement leur capital.
  • À la création, vous versez au moins 20 % des apports en argent en SARL/EURL et 50 % en SAS/SASU, le solde dans les 5 ans.
  • Un capital non entièrement libéré prive la société du taux réduit d'IS de 15 % : c'est le piège le plus coûteux.
  • Le bon montant se cale sur vos besoins de départ : un capital symbolique fragilise la crédibilité et déclenche vite la procédure de perte de la moitié des capitaux propres.
Sommaire de l'article

Capital social minimum : ce que dit la loi en 2026

Le capital social minimum dépend de la forme de votre société. Pour les sociétés les plus utilisées par les entrepreneurs, il est libre : 1 € suffit légalement. D'après entreprendre.service-public.gouv.fr, les règles sont les suivantes :

FormeCapital minimumPart à verser à la créationSolde
SARL et EURL1 €20 % des apports en argentdans les 5 ans
SAS et SASU1 €50 % des apports en argentdans les 5 ans
SA37 000 €50 % des apports en argentdans les 5 ans
Sociétés civiles (SCI, SCM…)librepas de dépôt obligatoireselon les statuts

Le capital n'est pas une dépense : c'est un apport qui reste à la disposition de la société. Une fois l'entreprise immatriculée, l'argent est débloqué et peut financer vos premiers achats. Il ne s'agit donc pas de « perdre » cette somme, mais de la mettre au service de l'entreprise. Le détail des frais réellement payés à la création figure dans notre article sur le coût de création d'une SASU.

Comment se compose le capital social

Trois types d'apports existent :

  • les apports en numéraire (en argent) : ce sont eux qui sont déposés sur un compte bloqué ;
  • les apports en nature (matériel, véhicule, fonds de commerce, brevet…) : ils comptent dans le capital ;
  • les apports en industrie (savoir-faire, travail) : possibles en SARL et en SAS, ils donnent des droits aux bénéfices mais n'entrent pas dans le capital.

Pour un apport en nature, l'évaluation par un commissaire aux apports est obligatoire en principe. Les associés peuvent s'en dispenser à l'unanimité si aucun apport en nature ne dépasse 30 000 € et si leur valeur totale ne dépasse pas la moitié du capital. Attention : en l'absence de commissaire, les associés restent responsables de la valeur retenue.

Le dépôt du capital : où et quand

Les fonds sont déposés avant la signature des statuts et l'immatriculation, sur un compte bloqué au nom de la société en formation, auprès d'une banque ou d'un notaire. Deux précisions officielles souvent ignorées :

  • le dépôt est impossible dans un établissement de paiement (certaines offres en ligne n'ont pas ce statut : vérifiez avant d'ouvrir le compte) ;
  • la Caisse des dépôts n'accepte plus les dépôts de capital.

La banque ou le notaire remet une attestation de dépôt, indispensable au dossier d'immatriculation. Les fonds sont libérés sur présentation de l'extrait Kbis.

Pourquoi le montant du capital compte vraiment

1. Le taux réduit d'impôt sur les sociétés

Le taux de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice est réservé aux PME dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 millions d'euros, dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques et entièrement libéré (BOFiP). Tant que le solde n'est pas versé, c'est le taux normal de 25 % qui s'applique à tout le bénéfice. Voir notre guide de l'impôt sur les sociétés.

Exemple : une SASU au capital de 5 000 €, dont 2 500 € seulement ont été versés, dégage 30 000 € de bénéfice en 2026.

  • Capital non entièrement libéré : 30 000 € × 25 % = 7 500 € d'IS.
  • Capital entièrement libéré : 30 000 € × 15 % = 4 500 € d'IS.

La différence, 3 000 €, dépasse largement les 2 500 € qui restaient à verser. Libérer le capital avant la clôture de l'exercice est donc presque toujours rentable.

2. Les dividendes en SARL et en EURL

Pour un gérant majoritaire de SARL ou d'EURL à l'IS, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d'émission et des sommes en compte courant) est soumise aux cotisations sociales des indépendants. Avec 1 000 € de capital, tout dividende au-delà de 100 € est concerné. Ce mécanisme n'existe pas en SAS, comme l'explique notre comparatif SARL ou SAS.

3. La perte de la moitié des capitaux propres

Si les pertes font tomber les capitaux propres sous la moitié du capital, les associés doivent se prononcer sur la dissolution dans les 4 mois suivant l'approbation des comptes, publier la décision, puis régulariser dans un délai de 2 ans. Avec un capital de 1 000 €, une perte de 700 € la première année suffit à déclencher la procédure (capitaux propres de 300 € pour un seuil de 500 €) et la mention apparaît sur votre extrait Kbis.

4. La crédibilité auprès des partenaires

Banquiers, fournisseurs et bailleurs regardent le capital et les capitaux propres. Un capital de 1 € n'interdit pas d'emprunter, mais il ne rassure personne et pousse souvent la banque à demander une caution personnelle plus large.

Comment fixer le bon montant

  1. Listez vos besoins de démarrage : matériel, stock, site, dépôt de garantie, trésorerie pour tenir jusqu'aux premiers encaissements.
  2. Décidez de ce qui passe en capital ou en compte courant : un apport en compte courant d'associé peut être remboursé plus facilement, le capital non.
  3. Prévoyez de libérer tout le capital rapidement si vous comptez sur l'IS à 15 %.
  4. En SARL ou EURL, mesurez l'effet du capital sur la part de dividendes exonérée de cotisations.
  5. Gardez une marge : augmenter le capital plus tard est possible, mais demande une décision des associés, une annonce légale et une formalité payante.

Pour beaucoup de petites sociétés de services, un capital de quelques milliers d'euros, entièrement libéré, est un compromis courant. Le bon chiffre reste propre à votre projet.

Se faire accompagner pour choisir

Le montant du capital se décide une fois, dans les statuts, et ses effets durent des années : impôt, dividendes, financement, procédure en cas de pertes. Un expert-comptable qui connaît votre métier peut construire votre prévisionnel, répartir les apports entre capital et compte courant et vérifier que votre société profite bien du taux réduit d'IS dès son premier exercice.

Questions fréquentes

Quel est le capital social minimum pour une SASU ?

Le capital d'une SASU est libre, avec un minimum de 1 €. À la création, au moins la moitié des apports en argent doit être versée, le solde dans les 5 ans suivant l'immatriculation.

Peut-on créer une SARL avec 1 euro de capital ?

Oui, le capital d'une SARL ou d'une EURL est libre depuis 2003. Mais un capital très faible pèse sur la crédibilité de la société et, pour un gérant majoritaire, soumet presque tous les dividendes aux cotisations sociales.

Où déposer le capital social d'une société ?

Sur un compte bloqué au nom de la société en formation, auprès d'une banque ou d'un notaire. Le dépôt n'est pas possible dans un établissement de paiement ni à la Caisse des dépôts.

Le capital social a-t-il un impact sur l'impôt sur les sociétés ?

Oui. Le taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice n'est accordé que si le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Article d'information générale, à jour au 19/10/2026. Les taux et seuils évoluent chaque année : pour une décision qui engage votre entreprise, faites valider votre situation par un expert-comptable.